Quand on pense aux accessoires en yoga, on imagine souvent à tord qu’ils sont réservés aux débutants ou aux personnes “moins souples”. Pourtant, ils sont surtout des outils d’adaptation, capables de rendre une pratique plus confortable, plus intelligente et surtout plus respectueuse du corps.
Dans une approche fonctionnelle du yoga, l’objectif n’est pas de reproduire une forme parfaite, mais de trouver une manière de bouger plus respectueuse de son corps et de ses limitations. On considère qu'il n'y a pas d'alignement universel car nous avons tous des corps différents, avec des contraintes qui ne permettent pas toujours d’entrer dans une posture de la même façon que son voisin ou sa voisine de tapis. Chaque corps a donc besoin de sa propre adaptation dans les postures de yoga et les accessoires peuvent être d'une aide précieuse. Ils peuvent également aider à réduire certaines compressions ou tensions dans les postures et ainsi rendre la pratique plus durable (et moins douloureuse). Partons ainsi de la conclusion suivante : ce n'est pas le corps qui s'adapte à la posture mais la posture qui s'adapte au corps.
Dans des pratiques douces, telles que le yin yoga ou le restauratif, les accessoires permettent de soutenir le système nerveux et ainsi favoriser le relâchement musculaire et la détente.
Ils sont également de précieux outils pour progresser dans sa pratique en explorant les postures et les sensations autrement.
L’intérêt n’est donc pas de rendre le yoga “plus facile”, mais de pouvoir explorer les postures et son ressenti différemment.
Dans cet article, je vais te montrer comment utiliser les principaux accessoires de yoga dans tes postures afin de développer une approche plus fonctionnelle, accessible et durable de ta pratique.
Ils peuvent par exemple :
rendre les postures plus accessibles. Dans la posture de la demi-lune, placer une brique sous la main permet souvent de trouver plus de stabilité et d’équilibre sans avoir à “s’effondrer” vers le sol.
éviter certaines compensations. Dans la posture du pigeon, placer une brique sous le fessier permet de mieux soutenir le bassin et d’éviter de compenser excessivement dans les hanches ou le bas du dos.
réduire certaines compressions articulaires. Dans la posture du triangle, placer une brique sous la main qui est au sol permet de garder davantage d’espace entre le buste et la hanche et d’éviter de comprimer cette zone.

En effet, ils peuvent aussi être très utiles non pas pour “faire à notre place”, mais pour créer des conditions plus adaptées au mouvement.
Ils peuvent par exemple :
aider à mieux se positionner. Dans un travail de mobilité de hanches en 90/90, placer une brique sous le fessier permet d’éviter de s’effondrer sur un côté et d’être plus confortable (et plus en sécurité) pour explorer le mouvement.
limiter certaines compensations pendant les exercices. Lors d’un travail de mobilité des épaules avec une sangle, celle-ci peut aider à garder plus de contrôle dans le mouvement sans venir compenser dans le dos.
permettre une progression plus douce et progressive
Ils peuvent par exemple :
rendre les postures plus “tenables” et réduire le stress corporel. En début de pratique, je propose souvent à mes élèves de placer une couverture ou un bloc sous les fessiers dans les postures assises. En effet, le fait de venir surélever légèrement le bassin aide à trouver une posture plus confortable et évite ainsi de s’effondrer dans le bas du dos ou de lutter pour “se tenir droit", ce qui crée généralement plus de tension que de détente.
favoriser le relâchement sans contrainte. En yin yoga ou en yoga restauratif, les accessoires jouent un rôle essentiel. Le but n’est pas de “tenir” les postures par effort musculaire, mais au contraire de permettre au corps de se relâcher progressivement grâce au soutien apporté par les accessoires.
En venant placer des bolsters, couvertures ou briques sous certaines zones du corps, on réduit les tensions inutiles et le besoin de compensation. Les postures deviennent alors plus confortables et peuvent être maintenues plusieurs minutes sans créer de stress supplémentaire pour le corps.

En mousse, en liège, en bois, fines ou plus épaisses, il existe aujourd’hui de nombreux types de briques de yoga. Les briques en liège sont généralement plus lourdes et plus stables, ce qui peut être intéressant dans les postures d’équilibre ou certains exercices de mobilité. Les briques en mousse, quant à elles, sont souvent plus confortables lorsqu’elles sont placées sous le corps, notamment au niveau du sacrum, du dos ou des omoplates.
Les briques sont probablement les accessoires les plus polyvalents en yoga.
On peut les utiliser pour :
soutenir et adapter certaines postures en venant, par exemple, rapprocher le sol des mains ;
trouver davantage d’allongement dans certaines positions, notamment lorsque le manque de mobilité crée des compressions ou des compensations ;
explorer davantage certaines sensations d’étirement ;
améliorer la stabilité et l’équilibre dans certaines postures debout


La sangle est un accessoire particulièrement utile lorsque certaines limitations de mobilité nous empêchent d’accéder confortablement à une posture. Elle permet de créer une continuité entre le corps et le mouvement, sans avoir à forcer ni à compenser.
Elle est souvent utilisée lorsque l’on manque de mobilité au niveau des épaules, notamment dans les postures de bind où les mains doivent se rejoindre derrière le dos. La sangle permet alors de "combler" l’espace entre les mains pour nous permettre d'explorer progressivement la posture.
Placée autour du pied et tenue dans les mains, elle peut également aider dans des postures comme le danseur ou le pigeon royal, en permettant de travailler l’ouverture des épaules et l’extension du dos de manière plus progressive et contrôlée.
La sangle est aussi très utile dans les flexions avant, comme la pince assise. Placée autour des pieds, elle permet de conserver l’allongement de la colonne vertébrale tout en venant explorer l’étirement de l’arrière des jambes, sans avoir besoin d’arrondir excessivement le dos.


Le bolster est un coussin de yoga généralement de forme arrondie ou rectangulaire, garni de mousse, de coton ou parfois de fibres naturelles ou de graines. Il est conçu pour venir soutenir différentes parties du corps afin de rendre certaines postures plus confortables (et plus reposantes).
Très utilisé en yin yoga et en yoga restauratif, il permet un véritable relâchement musculaire. Grâce au soutien qu’il apporte, les postures peuvent être maintenues plus longtemps sans effort excessif, ce qui aide le système nerveux à se détendre progressivement.
Placée sous les genoux dans la posture de relaxation finale (savasana), il permet de soulager le bas du dos en diminuant les tensions au niveau des lombaires. Il peut également être placé sous le ventre dans certaines postures afin de créer davantage de confort, d’ouverture et de relâchement.
C’est un accessoire particulièrement intéressant pour les personnes stressées, fatiguées ou sujettes aux tensions chroniques, car il permet au corps de se déposer davantage dans la posture. Personnellement j'adore cet accessoire.
La couverture permet d’apporter du confort et de l’adaptation dans de nombreuses postures, sans ajouter de contrainte. On peut l’utiliser pour :
surélever le bassin dans les postures assises afin de faciliter l’allongement de la colonne et éviter de s’effondrer dans le bas du dos ;
protéger ou soutenir certaines articulations, notamment les genoux ou les chevilles lorsque le sol est dur ou inconfortable
apporter du confort en relaxation, en la plaçant sous la tête, les épaules ou les genoux pour favoriser le relâchement ;
accompagner les pratiques douces ou restauratives, en créant une sensation de sécurité et de chaleur qui aide le système nerveux à se détendre (ou pour ne pas avoir froid en savasana)
Les pads de yoga sont de petits supports souples, souvent utilisés pour protéger ou surélever certaines parties du corps. Ils peuvent avoir différentes formes et densités selon les modèles, mais leur objectif reste le même : apporter du confort et réduire les contraintes sur les articulations. On les utilise notamment pour protéger les articulations sensibles, notamment les genoux ou les poignets.
Un peu moins connue que les briques ou les sangles, la roue de yoga est un accessoire souvent utilisé pour travailler la mobilité, la souplesse et certaines ouvertures du corps de manière progressive.
Grâce à sa forme arrondie, elle permet notamment d’explorer plus facilement les extensions de la colonne vertébrale et l’ouverture des épaules ou de la poitrine. Elle peut aider à créer davantage d’espace dans certaines postures tout en apportant un support au corps.
La roue est par exemple souvent utilisée dans les backbends (flexions arrière) afin d’accompagner progressivement l’ouverture du haut du corps sans avoir à “forcer” la posture. Placée sous le dos, elle peut permettre d’explorer certaines mobilités de la colonne de manière plus douce et contrôlée.
Attention cependant car la roue demande parfois une certaine stabilité et peut ne pas convenir à tous, notamment en cas de sensibilités lombaires. Il est important de l’utiliser progressivement et sans chercher à forcer l’amplitude.

Peut-être as-tu déjà entendu parler du “yoga sur chaise”, souvent associé à un public senior ou à des personnes ayant des difficultés à rester longtemps debout. Pourtant, la chaise peut être un véritable outil d’adaptation dans la pratique du yoga, quel que soit son âge ou son niveau. La chaise permet de rendre certaines postures plus accessibles tout en réduisant les contraintes sur les articulations. Elle peut servir de support, d’appui ou encore d’aide à la stabilité dans de nombreuses postures.
La chaise peut également être également très intéressante dans des pratiques douces ou restauratives.
Et surtout, elle rappelle une chose essentielle : le yoga ne devrait pas être réservé à certains corps ou à certaines capacités physiques. Adapter sa pratique avec une chaise n’enlève rien à la qualité du mouvement ou aux bénéfices des postures.
Dans des pratiques dynamiques, de vinyasa par exemple, utiliser des accessoires n'est pas synonyme de "passivité" dans la posture. En effet l'erreur serait de les utiliser seulement comme une "béquille". Bien au contraire, il faut les voir comme un prolongement de notre corps, à condition de les utiliser activement.
Par exemple, dans la posture de la demi-lune, plutôt que de laisser le poids du corps s’écraser dans la brique, on peut imaginer qu’on la pousse activement. Cette action de “repousser le sol” permet alors de créer plus de stabilité et d’allongement, notamment au niveau des flancs et du bras dirigé vers le ciel.
L’accessoire devient alors un point d’appui dynamique, qui soutient l’engagement musculaire et la qualité de la posture, plutôt qu’un simple support sur lequel on se repose.
Une autre erreur fréquente consiste à surcharger la posture avec trop d’accessoires, ou à en utiliser sans réel besoin. L’objectif n’est pas d’ajouter des briques, des sangles ou des supports partout mais de choisir l'accessoire juste, en fonction du besoin. Trop d'accessoires peut diluer les sensations, crée de la confusion dans l'alignement voir même retirer l'engagement nécessaire à la posture. On perd alors l'essence même de la pratique : le lien direct avec le corps.
Chaque accessoire doit avoir une. intention claire : soutenir, adapter, réduire une contrainte ou enrichir une exploration. S'il n'a pas de fonction précise, il devient superflu. L'idée c'est vraiment de rester simple, pas de complexifier.
Dans la même idée, il n’est pas nécessaire de chercher à copier son voisin ou sa voisine de tapis. Chaque corps est différent, avec ses propres capacités, ses limites et ses ressentis. Une même posture peut donc être vécue de manière totalement différente d’une personne à l’autre.
L’essentiel est de garder en tête : mon corps, ma pratique, mon yoga. Ce qui compte n’est pas la forme extérieure de la posture, mais la manière dont elle est vécue de l’intérieur.
Chercher à reproduire exactement ce que l’on voit autour de soi, avec ou sans les accessoires d'ailleurs, a finalement peu d’intérêt si cela nous éloigne de nos sensations.
Si tu es peu familière avec l’utilisation des accessoires (ou si, comme moi, tu les as longtemps négligés dans ta pratique), je te conseille de commencer simplement avec les postures de base.
Dans un premier temps, l’idée est surtout de te familiariser avec ces outils et de prendre le temps d’observer ce qu’ils changent réellement dans ton corps : les sensations, le niveau de confort, la stabilité, la qualité de ta respiration.
Progressivement, cela te permettra d’identifier les postures dans lesquelles ils peuvent devenir un véritable soutien, et celles dans lesquelles ils sont moins nécessaires. L’objectif n’est pas de les utiliser partout, mais de les intégrer de manière consciente et adaptée.
Comme toujours l’idée est d’évoluer progressivement, en laissant le corps te guider plutôt que de chercher à appliquer une méthode figée.
En résumé, les accessoires de yoga ne sont pas là pour rendre la pratique plus facile, mais pour la rendre plus juste, plus adaptée et plus respectueuse du corps.
Utilisés avec conscience, ils deviennent de véritables alliés pour explorer le mouvement autrement, quel que soit ton niveau ou ta pratique.

By Charlotte