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Lorsque je dis que je suis prof de yoga, je fais souvent face aux mêmes réactions, notamment chez les personnes qui n'ont soit jamais pratiqué, soit qui hésitent à se lancer !
Et la première chose qui revient, c'est cette fameuse question autour de la souplesse !
La majorité des personnes ont cette idée bien ancrée que, pour pratiquer le yoga, il faut nécessairement être souple ! Je ne leur en veux pas car il faut dire qu'à l'heure des réseaux sociaux, c'est davantage cette image de yogis dans des positions improbables (que même après des années de pratique, moi-même je n'arrive toujours pas à faire) qui est mise en avant. D'ailleurs, petit aparté, mais si on creuse un peu, on se rend rapidement compte que certaines des personnes que l'on voit réaliser ces postures ont parfois un passé de danse, de gymnastique ou de contorsionnisme, ou tout simplement des années de pratique derrière elles. Forcément, ça aide ! Mais ce qui n'aide pas, par contre, c'est l'image du yoga que cela véhicule !
Ensuite, avec la montée en puissance ces dernières années du Pilates, une autre confusion revient régulièrement : l'amalgame entre les deux pratiques. D'autant plus renforcé dans les studios ou autres, par des termes comme "Pilates Flow", "Yogalates"... Du coup, j'entends souvent : "Le yoga, c'est comme le Pilates en fait". Et crois-moi, j'ai souvent les poils qui se hérissent quand j'entends ça ! Non pas que je dénigre la pratique du Pilates, et loin de là... mais avec l'évolution des pratiques, on s'éloigne vraiment de plus en plus de la nature même, de l'essence du yoga.
Ce qui m'amène à la troisième question qu'on me pose régulièrement, et qui s'explique naturellement avec ce que j'ai évoqué juste au-dessus : "Le yoga, c'est quoi exactement ?"
Car oui, finalement, à force, bah on ne sait plus...
Dans la suite de cet article, je décortique ces 3 questions en espérant que cela te permettra d'y voir beaucoup plus clair et qui, je l'espère, te donnera envie de dérouler ton tapis !
Et je te dirai une seconde chose : c’est même encore mieux de débuter sans être souple !
Pourquoi ?
Parce que même si beaucoup de postures vont te paraître difficiles au début, tu auras non seulement le luxe d’observer tout le chemin parcouru, mais surtout, ça te permettra dès le départ de développer une écoute fine de ton corps et d’être dans le ressenti !
De cette manière, on apprend à reconnaître ses sensations, à savoir quand s’arrêter et à respecter les limites de son corps. À l’inverse, une personne déjà très souple peut parfois avoir tendance à aller plus loin dans une posture simplement parce que son amplitude le lui permet. Or, avoir de la souplesse ne signifie pas nécessairement avoir le contrôle de cette amplitude ni être capable d’en percevoir les limites. Le risque est alors d’aller trop loin, trop vite, sans forcément écouter les signaux du corps.
Bon mais là, tu risques de me dire : « D’accord, mais concrètement, si je ne suis pas souple, je vais quand même pouvoir faire les postures ? »
Oui, et notamment grâce à deux choses : l’adaptation des postures en fonction de ta morphologie et de tes besoins (c’est ce que j’enseigne à mes élèves grâce à une approche du yoga que l’on appelle le yoga fonctionnel) et l’utilisation des accessoires (j’en parle d’ailleurs juste ici).
Et surtout n'oublie pas une chose :
Comme dirait l'expression « c'est en forgeant que l'on devient forgeron », et bien appliqué au yoga, c'est sensiblement la même chose ! La clé, c'est un peu comme tout : de la pratique et de la répétition ! Et surtout, beaucoup de patience et de bienveillance envers soi-même.
Quand j'ai démarré le yoga, j'étais souple comme un bout de bois ! Pourtant, beaucoup de mes élèves m'ont souvent dit que ça semblait naturel (voire facile) chez moi, eh bien non !
Certains ont certes des prédispositions génétiques et, pour ces personnes, certaines amplitudes de mouvement pourront être plus facilement accessibles. Il sera peut-être plus simple d'aller vers des backbends (des extensions de la colonne vers l'arrière, pour par exemple atteindre une posture du pont) ou encore d'aller vers les grands écarts. Pour d'autres, le chemin sera un peu plus long, et c'est complètement OK ! Notre corps et son histoire sont uniques, et ça prend du temps d'apprendre à le connaître.
Finalement, le yoga, ce ne serait pas plutôt une rencontre avec nous-même plutôt qu'une simple histoire de souplesse ?
Je développerai un peu plus bas dans cet article ce qu'est finalement le yoga.
Mais pour en revenir à la question de la souplesse, ce serait très réducteur de penser que lorsqu'on pratique, c'est l'unique chose que l'on cherche à travailler.
Oui, de façon globale, on est beaucoup dans la recherche d'une sensation d'étirement, souvent de manière passive, mais gagner en amplitude ne signifie pas forcément avoir besoin d'aller toujours plus loin dans les postures.
Le plus important, et c'est ce que j'enseigne dans mes cours, c'est de trouver le juste équilibre !
Pratiquer du yoga doit t'être utile dans la vie de tous les jours, dans la façon dont tu bouges, dont tu te penches, dans tous tes gestes du quotidien, mais aussi dans ta façon de te voir, de voir la vie, tes relations (mais ça, j'y reviendrai plus tard).
Vu comme ça, on comprend rapidement qu'être capable de passer sa jambe derrière la tête n'est pas une fin en soi...
Non, le plus important, c'est l'équilibre : l'équilibre entre souplesse, oui, mais aussi mobilité, force, contrôle et surtout : écoute de soi et de son corps.
Ce serait bien trop caricatural de dire que le yoga s'axe davantage sur la respiration et la détente et que le Pilates, lui, c'est plutôt pour le renforcement musculaire !
Le yoga et le Pilates partagent des points communs, mais les objectifs, l'approche et surtout l'histoire sont différents.
Le Pilates tient son nom de son créateur Joseph Pilates. Développé au début du XXe siècle, c'est une méthode d'exercices physiques qui repose sur des mouvements précis et contrôlés et où l'on vient porter une attention particulière au centre du corps mais également à la posture et à la respiration.
Elle est notamment coordonnée aux mouvements et peut aider à accompagner l'engagement du centre. Mais là encore, c'est un point sur lequel on retrouve une différence avec le yoga : dans le Pilates, la respiration vient principalement accompagner le mouvement, tandis que dans le yoga, le travail du souffle peut constituer une pratique à part entière.
Aussi on pense souvent que l'unique but est de faire travailler ses abdos, pas seulement ! On cherche également à développer la force et la stabilité du corps, tout en amélioration la qualité des mouvements et la conscience corporelle.
C'est pour cela qu'en Pilates, on travaille énormément dans le contrôle et la précision. Plutôt que d'enchainer les mouvements rapidement, on cherche comprendre ce que l'on fait, à contrôler son mouvement et à maintenir un bon alignement du corps.
Et c'est justement là qu'on retrouve un premier point commun avec le yoga : dans les deux pratiques, on retrouve cette notion de conscience du corps, de respiration et d'attention portée au mouvement.
Finalement la différence se situe davantage dans l'histoire, les objectifs et la manière dont chaque méthode aborde le mouvement.
Comme évoqué plus haut, le Pilates est une méthode relativement récente. À l'origine, Joseph Pilates l'appelait « Contrology », en référence à cette idée de contrôle conscient du corps.
Le yoga, lui, possède une histoire beaucoup plus ancienne et trouve ses racines en Inde. À l'origine, il ne s'agissait pas d'une simple pratique physique comme on peut parfois le penser aujourd'hui. Le yoga s'inscrit dans un ensemble de traditions philosophiques et spirituelles, avec une réflexion autour de la relation à soi, à son esprit et au monde. Les postures physiques, que l'on appelle asanas, ne représentent donc qu'une partie de la pratique du yoga. Au fil du temps et de sa diffusion dans le monde, le yoga a énormément évolué et différentes formes de yoga sont apparues, notamment celles que l'on pratique aujourd'hui dans les studios.
En termes d'objectifs, le Pilates cherche donc on l'a vu à développer la force, la stabilité, le contrôle et la qualité du mouvement. Une attention particulière est portée au centre du corps, à la posture et à la précision des mouvements. Le yoga peut évidemment avoir ces mêmes effets : certaines pratiques vont faire travailler énormément la force, la mobilité ou l'équilibre. Mais l'objectif du yoga ne s'arrête pas au développement des capacités physiques. La pratique peut également chercher à développer la conscience du corps, l'attention, la respiration, la concentration et, selon les traditions et les styles pratiqués, la méditation et une réflexion plus profonde sur soi.
C'est finalement ce qui fait que deux cours peuvent parfois se ressembler visuellement car on bouge, on travaille la respiration, on utilise son corps, mais ils poursuivent des objectifs assez différents.
Une autre différence se trouve dans la façon dont le mouvement est abordé. En Pilates, on enchaîne généralement des exercices ou des mouvements ayant chacun un objectif précis : travailler la stabilité, renforcer le centre du corps, les fessiers, améliorer la posture ou encore développer la mobilité. Même si les exercices peuvent s'enchaîner, chacun constitue davantage un travail en soi.
En yoga, et notamment dans les pratiques comme le Vinyasa, il existe davantage cette notion de continuité et de mouvement. Les postures peuvent s'enchaîner les unes aux autres, parfois au rythme de la respiration, et les transitions font elles-mêmes partie de la pratique. Dans certaines formes de yoga, comme l'Ashtanga, les postures sont même répétées dans un ordre précis d'une pratique à l'autre.
Mais alors, comment choisir ?
La bonne nouvelle, c'est que tu n'es pas obligé de choisir justement ! Car les deux pratiques sont, à mon sens, parfaitement complémentaires.
Néanmoins, si tu recherches particulièrement un travail de force, de stabilité et de contrôle du mouvement, alors le Pilates pourrait davantage te correspondre.
Si tu recherches une pratique plus « globale », qui mêle mouvement, continuité, travail autour du souffle et éventuellement méditation et relation à soi, alors le yoga pourrait davantage t'attirer.
Dans les deux situations, et selon l'approche de ton ou ta professeur.e de yoga, tu travailleras ta force, ta mobilité, ta posture, ta conscience corporelle et ta respiration.
Je parle d'approche car je souhaite émettre une petite réserve : toutes les pratiques de yoga ne mettent pas nécessairement l'accent de la même manière sur le travail de mobilité ou de renforcement actif. Certain.es professeur.e.s sont très attachés aux traditions du yoga et certaines approches, comme l'Ashtanga, suivent notamment une série de postures codifiée et répétée, avec une pratique très physique, mais qui ne poursuit pas nécessairement les mêmes objectifs qu'une approche du yoga davantage orientée vers la mobilité et le renforcement fonctionnel.
Il existe une multitude de façons de pratiquer le yoga comme le Pilates. Le style de cours, l'enseignant et l'approche proposée peuvent donc faire une grande différence dans ton expérience.
Le plus important, c'est donc d'essayer et de voir ce qui te convient le mieux !
Comme on l'a vu, le yoga ne se résume donc ni à être souple, ni à enchaîner des postures sur un tapis. Mais alors, qu'est-ce que c'est réellement ?
Les asanas, qui correspondent aux postures physiques, ne représentent en réalité qu'une partie de la pratique du yoga.
Le yoga comprend également tout un travail autour du souffle, notamment à travers les pranayamas, mais aussi de la méditation et une véritable dimension philosophique. Et c'est finalement cette partie-là que l'on connaît peut-être le moins lorsqu'on découvre le yoga aujourd'hui.
Parmi les notions importantes de la philosophie du yoga, on retrouve notamment les yamas et les niyamas, qui proposent différents principes autour de notre manière d'être avec nous-mêmes, avec les autres et avec le monde qui nous entoure.
Prenons par exemple Ahimsa, souvent traduit par « non-violence ». Au-delà de la façon dont on se comporte avec les autres, cette notion peut aussi nous amener à nous questionner sur la manière dont on traite notre propre corps.
Est-ce que je force pour atteindre une posture ? Est-ce que je cherche absolument à reproduire une forme parce qu'elle est considérée comme « belle » ? Est-ce que je compare mon corps à celui de la personne à côté de moi ? Ou est-ce que je suis réellement à l'écoute de mes sensations et de mes limites ?
Et finalement, c'est là que la philosophie du yoga rejoint complètement la pratique sur le tapis. Le yoga nous invite aussi à observer notre façon de faire, plutôt que de simplement chercher à aller plus loin dans une posture.
C'est d'ailleurs pour cette raison que, pour moi, le yoga ne s'arrête pas une fois le tapis rangé !
C'est toute une philosophie que l'on porte avec nous.
Il existe une multitude de façons de pratiquer le yoga et la différence réside surtout dans les approches.
Pour t'aider à y voir un peu plus clair, voici une petite liste des principaux styles de yoga que l'on peut trouver :
Hatha Yoga : les postures sont tenues un peu plus longtemps, l'accent est davantage mis sur la respiration et le rythme est donc un peu plus lent qu'une pratique de Vinyasa.
Vinyasa Yoga : les postures s'enchaînent de façon plus fluide, le mouvement est lié au souffle.
Ashtanga Yoga : il s'agit d'une série de postures codifiées que l'on vient répéter toujours dans le même ordre. La pratique complète d'Ashtanga dure généralement autour d'1h30.
Yin Yoga & Yoga Restauratif : ce sont deux pratiques douces qui se pratiquent principalement au sol et dans lesquelles les postures sont maintenues plusieurs minutes. En Yin Yoga, l'objectif est notamment d'explorer les sensations et de travailler de manière passive sur les tissus, tandis que le yoga restauratif cherche davantage le relâchement et la récupération. On utilise beaucoup les accessoires afin de pouvoir rester confortablement dans les postures.
Yoga Kundalini : cette pratique s'intéresse particulièrement à la circulation de l'énergie et au développement de la conscience. Dans la tradition du yoga, la kundalini est représentée comme une énergie « enroulée » à la base de la colonne vertébrale, symbolisée par un serpent, qui peut être éveillée et progressivement amenée à remonter à travers les différents chakras. Les pratiques de Kundalini peuvent notamment mêler postures, respirations, méditation, mantras et mudras. Certaines traditions associent également cette énergie à la puissance créatrice et à l'énergie sexuelle.
Hot Yoga (ou Yoga Bikram) : le principe est de pratiquer dans une salle chauffée, généralement autour de 35 à 40 °C, afin d'intensifier les sensations et la sudation. Le Bikram Yoga, plus précisément, repose sur une série de 26 postures et 2 exercices de respiration pratiqués dans une salle chauffée à environ 40 °C. Le terme « Hot Yoga » est toutefois plus large et peut désigner différentes formes de yoga pratiquées dans une salle chauffée.
Yoga Iyengar : une grande attention est portée à l'alignement des postures et à l'utilisation des accessoires. La pratique cherche notamment à permettre à chacun d'entrer dans les postures avec précision, en fonction de ses possibilités.
Yoga Aérien : comme son nom l'indique, cette pratique utilise un hamac suspendu pour réaliser les postures. Il permet notamment d'explorer les postures avec un autre rapport à la gravité et d'expérimenter certaines inversions ou mouvements qui seraient plus difficiles au sol.
Dans tous les cas, je te demanderai juste de retenir ceci :
Donc s'il te plaît, retire-toi cette idée qu'il faut obligatoirement être souple pour débuter ! Et j'espère que cet article t'aura montré le contraire et qu'il aura éventuellement répondu à d'autres questions que peut-être tu te posais.
Finalement, la seule question qui devrait te rester en tête, c'est : pourquoi faire du yoga ?
Pour devenir plus souple ? Oui, ça peut être un effet de la pratique.
Pour devenir plus fort ? Oui, également.
Pour améliorer sa mobilité, son équilibre, sa respiration ? Bien sûr.
Mais peut-être aussi simplement pour apprendre à mieux se connaître, à écouter son corps, à observer son esprit et à prendre un peu de recul sur sa façon de fonctionner.
De mon côté, c'est peut-être ça que j'aime le plus dans le yoga : il n'y a pas une seule bonne façon de le pratiquer. Il peut être physique, doux, dynamique, méditatif, spirituel et évoluer avec nous au fil du temps.
Tu veux aller un peu plus loin ?
Avant même de chercher à réaliser des postures, pourquoi ne pas commencer par apprendre à écouter ton corps ?
J'ai crée " Un pas vers soi ", un petit audio gratuit d'introduction à l'écoute du corps à travers un scan corporel, pour commencer à te reconnecter à tes sensations.

By Charlotte
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